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Le 18 avril 2015 était inauguré le musée de la Préhistoire d’AURIGNAC.
Le projet, c’est clair, n’a jamais suscité dans la population locale un enthousiasme aussi débordant que chez les politiques.
Dotés d’un solide « bon sens paysan », les contribuables Aurignacais ont en effet perçu quel gouffre pouvait devenir la grotte d’AURIGNAC à travers sa mise en valeur.

Musée d’AURIGNAC: les contribuables inquiets par mcabe

Point n’est besoin d’être grand clerc en effet pour s’apercevoir qu’avec un personnel pléthorique (directrice du musée, directrice de régie, médiatrice, agent d’accueil, agent d’entretien), un parking quasiment toujours vide, un bâtiment fermé au public durant les vacances (c’était le cas pour Noël et le Premier de l’an), le musée ne risque pas de faire des bénéfices…

Les chiffres sont têtus :

  • une fréquentation réduite à la portion congrue (2134 entrées entre l’ouverture, lors des journées du patrimoine 2014, et le 31 mars 2014),

  • des recettes minimes sans aucune mesure (9 358,80 € en 6 mois) avec
  • des frais de fonctionnement disproportionnés qui ne pourront que s’envoler (161 888 € pour la seule année 2014, y compris les remboursements d’emprunts, pour en gros 3 mois d’ouverture…Et on envisage de créer une régie afin d’exploiter le musée, dotée d’un fonds de 300 000 €…).

Il est d’ailleurs tout à fait surprenant que, à part lors des premières études du projet, on n’ait jamais véritablement établi une prévision du coût de fonctionnement, qui pourtant est bien le nœud du problème, l’investissement, il faut le reconnaître, ayant été largement subventionné.
J’ai donc profité de la venue de Madame Carole DELGA à cette réunion mondaine pour tenter de sensibiliser par son intermédiaire les « parrains financeurs » du projet (État, Département, Région) aux difficultés de notre Communauté et à la charge que faisait peser la gestion du musée sur des finances déjà extrêmement fragiles.
Voici dont le texte du courriel que j’ai envoyé à Madame Carole DELGA le 17 avril 2015 (à son secrétariat d’État, à la mairie de MARTRES-TOLOSANE dont elle est l’adjointe au maire et à Monsieur Joël AVIRAGNET qui lui a succédé à l’Assemblée nationale).

Le courriel:

Madame,

C’est en tant qu’ancien élu, démissionnaire pour cause d’écœurement face au comportement de certains élus, mais toujours passionné par la chose publique que je me permets de vous apporter quelques précisions sur la situation pour le moins délicate de notre Communauté de Communes.

Je pense qu’en élue responsable et politiquement proche de son président Jean-Luc GUILHOT, vous êtes au courant de la situation financière préoccupante pour ne pas dire désespérée de la CCTA (l’audit de l’ATD qu’on nous promet depuis des mois devrait pointer pour la 3e fois des errements dans la gestion qui auront pour conséquence, à mon sens, l’impossibilité de régler raisonnablement le budget primitif 2015).

Vous avez certainement aussi pris connaissance de l’avis de la Chambre Régionale des Comptes, saisie à la demande du Crédit Agricole qui vient de reconnaître que nous devions à la banque au 31 décembre 2014, un prêt relais de 1 million d’euros pour le musée, qui n’a pu être remboursé, ainsi que le « découvert » d’une ligne de trésorerie utilisée à hauteur de 550 000 € qui elle non plus n’a pas été comblée (l’avis de la Chambre Régionale des Comptes est ici). À cela s’ajoutent bien entendu les intérêts.

Vous devez déjà savoir également que le projet de compte administratif 2014 a été rejeté le 15 avril dernier par une majorité d’élus, ébranlés par le fait qu’en outre les sommes ci-dessus évoquées n’ont pas été inscrites au compte administratif (ni d’ailleurs dans le compte de gestion) alors qu’elles étaient exigibles…

Les délégués n’ont sans doute pas apprécié non plus que le contrat pour la ligne de trésorerie signé, par Jean-Luc GUILHOT, repose sur une délibération pour le moins douteuse puisqu’elle n’est évoquée dans aucun ordre du jour ni aucun compte rendu de réunion, qu’aucun élu à part Jean-Luc GUILHOT lui-même n’a pu affirmer qu’elle avait été discutée et que la comptable du Trésor n’en a retrouvé aucune trace dans ses archives…

Je crois savoir que vous participez ce samedi à la cérémonie d’inauguration du musée de la Préhistoire d’AURIGNAC dont le coût exorbitant (notamment au niveau du fonctionnement) va « plomber » définitivement les finances exsangues de notre collectivité.

Je me permets modestement de vous suggérer d’examiner à cette occasion, avec les représentants du Département et de la Région quels moyens permettraient d’éviter à notre Communauté d’assumer seule la maintenance de ce projet qui la dépasse et que financièrement elle ne peut supporter.

Si par hasard je n’avais pas été suffisamment clair dans tout ce qui précède je vous invite à consulter sur http://www.cabe2007.com/, une analyse je le crois étayée, diffusée à l’ensemble des communes, et qui a contribué j’ose l’espérer à convaincre certains des élus de la nécessité d’un changement de gouvernance à la tête de la CCTA.

Dans l’attente de vous lire,

je vous prie d’agréer, Madame, mes sincères salutations

Michel CABÉ

J’ai appelé dans l’après-midi du 17 la mairie de MARTRES-TOLOSANE afin de m’assurer que mon courriel avait bien été reçu et demandé à parler au maire, Gilbert TARRAUBE, que je connais depuis 30 ans. Son secrétariat, après l’avoir contacté m’a alors assuré qu’il allait me rappeler après que se soit achevée la réunion à laquelle il participait .

Il ne l’a pas fait et lors de l’inauguration, alors que je lui demandais s’il m’avait oublié, il m’a répondu qu’il avait été très occupé…

J’attends également une réponse de Madame DELGA…

Je ne manquerai pas de la publier.

3 réponses à “Musée: lettre à Carole DELGA”

  1. le 21 Avr 2015 à 15:19 Vivien Riout

    Vos inquiétudes sur le financement sont légitimes, et l’idée de demander une plus grande implication de la région et du département quant aux frais de fonctionnement est intéressante.
    Cela dit on ne peut juger la rentabilité de l’établissement sur les premiers mois d’ouverture qui étaient en basse saison.
    Durant les cinq mois et demi auxquels vous faites références,le village gaulois, premier musée du sud de la Haute Garonne en nombre de visiteurs (40 000/an), était fermé aux visiteurs individuels.

    Cordialement
    Riout Vivien
    conseiller municipal à Alan

  2. le 21 Avr 2015 à 23:20 Michel Cabé

    Merci pour vos observations,
    Ma réponse est ici
    À bientôt…

  3. le 02 Mai 2015 à 18:44 Alix

    Merci de votre article sur le Musée-Forum de l’Aurignacien. Pour évaluer la situation de ce musée, 4 questions pourraient être posées :
    – le musée est-il instructif et attrayant ?
    – la communication attire-t-elle des visiteurs ?
    – le management est-il optimisé ?
    – la gestion est-elle efficace ?

    Quant aux solutions, la question est ouverte, faut-il demander, surtout en temps de crise, aux contribuables du département ou de la région d’assumer financièrement un établissement des Terres d’Aurignac, alors que ces contribuables financent eux aussi leurs équipements collectifs ? Le musée d’Aurignac était une opportunité d’avoir un équipement structurant à un coût maîtrisé pour les Terres d’Aurignac, puisque le financement était à 83 % extérieur (département, région, Etat, Europe). Le retard et les « errements dans la gestion », pour reprendre votre expression, ont donné une autre physionomie au projet… A propos de « bon sens paysan », pourquoi ne pas demander aux équipes impliquées (CCTA, musée, Muséum de Toulouse…), qui ont façonné le musée actuel, qu’elles opèrent dans les mois à venir les ajustements nécessaires ? Le déficit de gestion n’est pas une fatalité.

    Y a-t-il un compte administratif 2014 de la Régie du musée joint au compte administratif 2014 de la CCTA, car les comptes du musée, comme les dépenses de publicité, sont mêlés avec le reste, ce qui ne permet pas d’apprécier l’exacte situation financière du musée ?

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